Dominique de Villepin: "Je sais que la vérité apparaîtra"

Publié le par L'équipe du blog

Après avoir découvert des notes informatiques mettant en cause directement Dominique de Villepin, les juges en charge de l'enquête sur l'affaire Clearstream ont mené des perquisitions jeudi à son domicile parisien et vendredi au Centre Kléber, dépendant du quai d'Orsay, où l'ancien Premier Ministre dispose d'un bureau depuis son départ de Matignon.

Cette nouvelle perquisition a été réalisée en présence cette fois de l'ancien Premier ministre. Arrivés peu après midi accompagnés de policiers, les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons ont quitté vers 17h00 le local de l'avenue Kléber, dans le XVIe arrondissement, en emportant un carton de documents.

Sortant de ces locaux peu après 21h00, Dominique de Villepin a déclaré aux journalistes : "je viens de vire de moments qui, comme vous l'imaginez, ne sont pas agréables mais je sais que la vérité apparaîtra".

L'ancien Premier Ministre était rentré de vacances jeudi soir, juste après une première perquisition menée en son absence par des magistrats à son domicile parisien, dans le XVIIe arrondissement. Après six heures de perquisition, pour laquelle a été requise la présence de voisins de palier, afin que la procédure soit correcte, les juges avaient déjà emporté de nombreux documents dans une valise et des sacoches. Cette perquisition est une première judiciaire concernant un ancien Premier ministre.
Selon Le Monde daté de samedi, ils ont notamment saisi jeudi deux notes classées "secret défense" et qui ont été placées sous scellés fermés. Les magistrats devront faire une demande officielle de déclassification et le ministre de la Défense prendra la décision finale, après l'avis d'une commission administrative spécialisée.

Dominique de Villepin, qui était jusqu'ici témoin, est désormais susceptible d'être mis en examen pour "complicité de dénonciation calomnieuse". Il ne devrait pas en principe être convoqué immédiatement, dans l'attente d'autres investigations et auditions. Selon plusieurs autres sources proches du dossier, l'interrogatoire pourrait avoir lieu "cet été". Un ancien Premier ministre mis en examen, ce serait une première judiciaire en France.
Fidèle à la ligne de défense adoptée en 2006, l'ex-Premier ministre a qualifié jeudi "d'infondées" les accusations selon lesquelles il aurait cherché à mettre en cause Nicolas Sarkozy. Il souhaite aussi "disposer du statut de témoin assisté" pour se défendre.

Ce rebondissement fait suite à la découverte de notes informatiques du général Philippe Rondot qui ravivent les soupçons d'une participation de l'ex-Premier ministre à une machination. Dans les notes, détruites initialement mais retrouvées dans la mémoire de l'ordinateur du général par un expert judiciaire, le militaire rapporte des déclarations de Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud, protagonistes du dossier Clearstream. Ces deux derniers lui ont dit que Dominique de Villepin avait suscité la remise en mai 2004 par Jean-Louis Gergorin des faux listings Clearstream, compromettant en apparence Nicolas Sarkozy, au juge parisien Renaud Van Ruymbeke.

L'étape suivante est maintenant l'interrogatoire de Jean-Louis Gergorin, ex-vice président d'EADS, mis en examen pour "dénonciation calomnieuse et faux". Il est programmé le 18 juillet, la veille de celui d'Imad Lahoud, ex-cadre d'EADS et auteur supposé des faux listings, mis lui aussi en examen. Me Paul-Albert Iweins, avocat de Jean-Louis Gergorin, a annoncé qu'il ne ferait aucune déclaration à la presse avant son audition. L'ancien vice-président d'EADS confirmera avoir agi à la demande de Dominique de Villepin, croit savoir Le Figaro.

L'Elysée n'a pas commenté ces développements. Nicolas Sarkozy est partie civile dans le dossier depuis janvier 2006 et a maintenu sa ligne de conduite après son accession à l'Elysée. Selon des magistrats, cette position pourrait à terme poser un problème de droit. En tant que chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy est en effet président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et "garant de l'indépendance de la magistrature", selon la Constitution. Le juge Van Ruymbeke fait actuellement l'objet d'une enquête disciplinaire au CSM en marge de cette affaire. Par ailleurs, le chef de l'Etat, par l'intermédiaire de son ministre de l'Intérieur, a également indirectement autorité sur la police, qui mène l'enquête.

Alors que les juges s'intéressent également à Jacques Chirac dans plusieurs affaires, dont Clearstream, depuis son départ de l'Elysée, la situation se complique donc pour Dominique de Villepin. Dénonçant une "curée" contre les chiraquiens, l'un de ses fidèles, le député UMP Jean-Pierre Grand, a jugé vendredi que cette affaire devenait "épouvantable". "On sent qu'il y a une volonté de vouloir impliquer à tout prix Dominique de Villepin", a-t-il déclaré à l'AFP.

Si l'Elysée s'est refusé à tout commentaire, il faut rappeler qu'en 2005, en pleine rivalité avec M. de Villepin, l'actuel chef de l'Etat avait promis, selon les médias, que "le salopard" à l'origine de l'affaire finirait "sur un crochet de boucher".

François Fillon, qui n'a jamais entretenu de bonnes relations avec son prédécesseur, a lui déclaré jeudi qu'il "constatera les résultats de l'enquête et des jugements qui, le cas échéant, seront prononcés".

Interrogé sur LCI, Patrick Devedjian n'imagine pas Jacques Chirac donnant instruction à Dominique de Villepin de compromettre Nicolas Sarkozy dans l'affaire Clearstream. "D'abord, il y a la présomption d'innocence qui est réelle, puisqu'il n'est même pas mis en cause", a déclaré le secrétaire général délégué de l'UMP. "Et d'autre part il n'y a, dans ce que j'ai lu du dossier jusqu'à présent, rien de sérieux à cet égard", a-t-il ajouté.

Interrogé quant à lui sur RTL, le numéro 2 du gouverneemnt, le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, a noté vendredi qu'"une perquisition peut aussi servir à disculper". "Je n'ai aucune espèce de raison de penser" que Dominique de Villepin est impliqué dans cette affaire, a déclaré Jean-Louis Borloo sur RTL. En tant qu'"ancien avocat, avant de me laisser penser que quelqu'un est condamné ou coupable parce qu'il y a une perquisition, ou parce que la justice essaie d'y voir clair, je vous rappelle qu'une perquisition peut aussi éventuellement servir à disculper quelqu'un", a-t-il souligné.

L'ancien ministre de l'Economie Hervé Gaymard a qualifié vendredi d'"abracadabrantesque" l'affaire Clearstream et la perquisition chez Dominique de Villepin: "si l'expression n'avait pas été déjà employée, je dirais que tout cela est abracadabrantesque", a lancé l'ancien ministre. "Cette affaire Clearstream, je n'ai pas de commentaire particulier à faire, personne n'y comprend rien", alors que "cela fait deux, trois ans qu'on nous parle de ce sujet", a déploré le député UMP de Savoie.

Source: L'Express, La Croix, Le Journal du Dimanche, Associated Press et Reuters 
Source:
http://villepin007.skyrock.com/

Publié dans L'affaire Clearstream

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lahache 15/07/2007 17:07

courage dominique. vous restez toujours un futur homme d etat