"Ensemble soutenons Dominique de Villepin contre le
complot qui semble se mettre en place" Les jeunes Villepinistes
"Ensemble avec Dominique de Villepin est un espace libre, des interventions médiatiques de l'Homme d'Etat"
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Quelques extraits de l’entretien qu’a accordé Dominique de Villepin à Olivier De Lagarde, cet après-midi sur France
Info
ODL : Qu’est-ce que vous devenez aujourd’hui vous faites quoi de vos journées ?
DDV : d’abord j’écris beaucoup parce que j’ai la passion de l’écriture et que j’ai enfin un peu de temps après plus de trente ans consacrés au service de la France et au service public donc je
profite de ce temps pour réfléchir, pour penser
ODL : Vous écrivez uniquement sur la période napoléonienne ?
DDV : Non, j’écris sur la France, sur l’avenir
ODL : des écrits politiques qu’on pourra lire un jour ?
DDV : Oui. C’est un temps pour moi de réflexion.
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ODL : Ce livre c’est tout de même aussi une façon pour vous de revenir sur la scène politique ?
DDV : c’est une façon d’explorer un peu plus ce lieu tellement particulier, tellement singulier qu’est le pouvoir. Je crois qu’on connait mal le pouvoir et que le pouvoir, quelle qu’en soit les
époque : on peut l’analyser sous l’Antiquité, on peut l’analyser au Moyen âge, on peut l’analyser à la Renaissance ou aujourd’hui eh bien ce pouvoir est un lieu de contraintes spécifique et les
hommes qui s’y retrouvent vivent des épreuves qui sont des épreuves redoutables. Quand je parle de l’envers, quand je parle de la peur de l’humiliation, quand on voit ainsi Napoléon confronté aux
conspirations
ODL : ce sont des choses que vous avez connues vous ?
DDV : ce sont des choses que connaissent tous ceux qui sont confrontés au pouvoir et ce sont des choses dont il faut se méfier car la solitude, la peur, la tentation d’une certaine ivresse du
pouvoir ça guette tous ceux qui y sont. Il faut donc être prévenu. Je parle très longuement de la cour sous Napoléon. Il y a un grand magazine qui (Marianne) cette semaine parle de ce problème de
la flatterie, de la courtisanerie. Si on n’est pas prévenus contre cela, si on est encensé toute la journée si on a autour de soi des gens qui ne vous disent pas la vérité, il y a un risque de
dérive, il y a un risque de dérapage donc c’est une exigence qu’il faut porter bien sûr sous le régime impérial mais qu’il faut savoir porter plus que tout dans un régime démocratique.
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Au sujet de la politique internationale
ODL : Alors vous, vous avez dit en tout cas ce que vous pensiez à Georges Bush à l’époque où vous étiez au pouvoir ? Comment est-ce que vous jugez aujourd’hui sa visite en Irak. Pour vous c’est
un signe encourageant ?
DDV : Je suis toujours un peu triste de voir ce qui nous revient de l’Irak et quand je dis triste c’est en fait bien plus que cela, c’est une formidable inquiétude parce que l’Irak nous est
présenté le plus souvent soit comme un champ de bataille, un terrible champ de bataille où des hommes et des femmes s’entretuent ou alors comme un champ d’images. Malheureusement l’Irak n’est pas
aujourd’hui un dossier sur lequel la communauté internationale, la communauté diplomatique travaillent. Et ça a toujours été une de mes grandes frustrations de diplomate, c’est de constater que
la communauté internationale ne travaillait pas suffisamment. Les grandes questions de l’Irak aujourd’hui qu’est ce que c’est ? D’abord quel gouvernement ? Comment faire pour qu’on puisse avoir
en Irak un gouvernement de réconciliation nationale qui rassemble tout le monde et qui permette à ce pays d’éviter la rupture, tôt ou tard la partition ? Comment faire pour que l’Irak puisse
reprendre en main son propre destin ? Comment faire en sorte que l’Irak retrouve son identité, sa force, son génie propre. Cela suppose un calendrier précis des troupes américaines.
ODL : et la visite de Georges Bush n’a aucun intérêt pour vous ?
DDV : Je vois que Georges Bush est au contraire dans une phase ascendante, augmente ses forces en Irak, continue d’imaginer qu’en envoyant plus de soldats en Irak il réussira à stabiliser ce
pays. Force est de constater qu’il se trompe depuis le début et qu’il persévère dans l’erreur. C’est pour cela que j’ai dit à la diplomatie française, je l’ai dit à l’intention de Bernard
Kouchner, à l’intention de (interruption d’ODL)
ODL : pour vous c’était une erreur la visite de Bernard Kouchner ?
DDV : je l’ai dit à cette occasion et je l’ai dit à Nicolas Sarkozy, si l’on veut adresser des signes (et c’est très bien) au peuple irakien de solidarité, n’oublions pas que notre première
responsabilité dans la ligne de ce que nous avons fait puisque nous avons porté l’étendard de la paix et que nous avons été la conscience internationale, avec un certain nombre d’autre pays, dans
ce domaine, nous devons dire aux Américains qu’il y a aujourd’hui un certain nombre de choses qui sont nécessaires, un certain nombre d’actes qui sont nécessaires si on veut réenclencher une
logique positive en Irak ; ce n’est pas le cas aujourd’hui.
Au sujet de la politique intérieure :
DDV : nous avons une majorité qui a toutes les clés en main, une opposition qui connait de telles divisions qu’elle n’a pas, aujourd’hui, véritablement le temps de s’adresser aux problèmes du
pays, la réforme doit aller vite, le plus vite possible parce que nous sommes confrontés à une situation qui reste difficile. Regardons la situation de la croissance, la situation internationale
est difficile. Regardons la situation du chômage : on voit qu’il y a une pause, un palier dans la baisse du chômage. Nous avons réussi, mon gouvernement a baissé de 2 points le chômage, je
souhaite qu’on puisse en faire autant, voire qu’on puisse aller plus loin dans les deux prochaines années. Regardons la situation du déficit du commerce extérieur, regardons la situation de
l’investissement, de la compétitivité de nos entreprises : il y a beaucoup à faire !
ODL : et quand vous regardez tout cela, vous êtes optimiste ou pas ?
DDV : ce que je souhaite pour que les choses aillent mieux et ce que je pense c’est que ça implique en permanence des concertations, des décisions et des débats. Comme il nous appartient à nous
la majorité de porter ces débats pour faire les bons choix, je crois qu’il faut aller jusqu’au bout
Au sujet de Clearstream :
ODL : dans quel état d’esprit êtres-vous ? Le 13 septembre prochain, vous allez être entendu par les juges sur le fond. Vous irez comment?
DDV : comme vous me voyez aujourd’hui: serein comme je l’ai toujours été sur ce dossier. Je n’ai rien à me reprocher. J’ai agi comme ministre, ministre des affaires étrangères, puis comme
ministre de l’intérieur. Puis je constate que depuis 3 ans les violations répétées du secret de l’instruction m’ont créé une suspicion, ont pesé sur le dossier, voire ont d’une certaine manière
instrumentalisé les choses. Je le regrette profondément parce que vous savez, dans des dossiers aussi difficiles, il y a manifestement au cœur de ce dossier un procès d’intention politique. La
violation du secret de l’instruction est extrêmement lourde de conséquences. Ce que j’ai vu au cours des derniers mois, des dernières années, c’est en permanence la tentation, c’est vrai de la
part des médias, c’est vrai de la part de certaines personnalités politiques, la tentation de dire en permanence : tenez il y a un élément nouveau, cet élément il l’accuse ! Cet élément il
accable ! La vérité ne se divise pas en petits morceaux ; la vérité forme un bloc et il appartient à la justice de le dire. Je souhaite que les conditions de sérénité de la justice soient
remplies pour que ce soit fait: ON NE LYNCHE PAS QUELQU’UN POUR APRES PRETENDRE LE JUGER ! Donc je dis simplement que sur des affaires aussi importantes, aussi délicates : SOYONS RESPECTUEUX DU
DROIT !
Source: l'équipe du blog
Si c'est vrai, la procédure en cours est nulle pour incompétence des juges d'instruction. Pourquoi, DDV ne la soulève-t-il pas ?