Voir, Revoir Ripostes avec Dominique De Villepin

Publié le par L'équipe du blog

 

 


 Quelques extraits de l’émission « Ripostes » de Serge Moati qui était consacrée à Dominique de Villepin, hier sur France5. L’émission a été extrêmement dense. Nous préparons de nouveaux extraits qu’il nous semble également important de publier. Pour l’heure bonne lecture de ce tout début d’émission !

SM : J’ai envie de vous posez une question : tout à l’heure vous êtes arrivé sur le plateau, là, puisqu’on est en direct, les gens vous ont applaudi. Il y avait les gens qui faisaient la queue pour l’Elysée, vous savez pour la journée du Patrimoine : ils vous ont applaudi, ça vous a fait quoi ?

DDV :
C’est sympathique, c’est sympathique et puis dans les moments que je traverse, on a le sentiment d’aller vers une vérité profonde ; une vérité qu’on porte en soi. Donc ce sont des moments, ce sont des moments forts, des moments où on est confronté avec soi-même : au pire des tribunaux. C'est-à-dire sa propre exigence ; ce qui vous fait bouger dans la vie, ce pourquoi on se bat, ce pourquoi on défend son pays et dans ces moments là je crois, on revient à l’essentiel. Parce que vous savez, la politique c’est souvent beaucoup de choses superficielles. C’est souvent des honneurs, des choses légères mais qui sont loin de la vérité d’un engagement politique. Or, je peux dire que depuis plusieurs mois
ce que je ressens aujourd’hui profondément, c’est la vérité de notre pays, la vérité d’un pays qui a besoin que l’on s’appuie sur lui, que l’on se batte pour lui et c’est ça qui me fait bouger aujourd’hui. 

SM :
Mais vous savez, je vais vous faire une confidence à mon tour comme ça: cette émission a été compliquée à organiser. Je peux vous le dire maintenant, beaucoup de personnes que nous avons contactées ont refusé de venir. Alors : timidité, pudeur ? Je ne ferai pas de listings, je ne ferai pas de listing, je ne vous donnerai pas les noms mais nous avons eu deux catégories de refus. Les premiers qui nous disaient « non, non, non, je ne veux pas participer à une opération médiatique, à l’écran de fumée qu’il dresse, vous, Dominique de Villepin, pour se dédouaner dans l’affaire Clearstream » et puis il y a ceux qui nous ont dit « ah mon Dieu j’aurais tellement aimé, quel dommage mais j’ai piscine, un atelier de macramé, une terrible angine blanche ». Vous voyez le genre quoi? Et on entendait presque au-delà des mots « je n’ai pas envie d’avoir des histoires avec l’Elysée ». Comment analysez-vous ces réactions qui, je vous jure, sont exactes ?

DDV :
c’est quelque chose que je connais bien parce que le pouvoir crée toujours autour de lui une certaine forme de peur, surtout quand ce pouvoir s’installe, quand ce pouvoir a une dimension personnelle forte à travers l’engagement qui est celui du Président de la république, et l’idée de déplaire, évidemment fait peur à un certain nombre de gens. Donc je vois bien et je le ressens quand je me promène dans la rue. Il y a une formidable spontanéité des Français qui viennent vers moi. Il n’y a plus de barrière. Vous savez quand vous êtes Premier ministre, forcément on hésite. Là il n’y a plus de barrière. Il y a une forme de fraternité qui se ressent. Je fais 15 kms tous les jours de course à pied, alors ceux qui sont à vélo, ceux qui sont avec leurs poussettes n’hésitent pas aujourd’hui, à m’aborder et à le faire avec beaucoup de générosité, beaucoup de gentillesse, les bloggeurs, les bloggeuses.
Quand on regarde le net, il y a une différence formidable avec ce qu’on lit dans la presse. Il y a un autre regard, il y a une fraicheur, il y a une exigence. C’est vrai qu’aujourd’hui, dans ce qui apparait comme une affaire entre le Président de la république et le Premier ministre que j’étais, tout ça fait un peu peur. Ce que je souhaite c’est qu’on revienne à la vérité de ce dossier. Et c’est à quoi je m’efforce depuis plusieurs mois, depuis que j’ai connaissance de la vérité du fond du dossier.

SM :
les gens ont peur de quoi ? De déplaire à l’Elysée ? De déplaire à Sarkozy ? De quoi faire alors en parlant pour vous, de votre côté ? C’est quoi?

DDV :
je ne crois pas que le problème c’est de parler pour ou contre. Le problème c’est l’inquiétude qu’il y a d’être vu avec, l’inquiétude qu’il y a de déplaire, l’inquiétude qu’il y a de donner le sentiment qu’on peut prendre parti et c’est vrai que très souvent
beaucoup de gens que je connais,beaucoup de hautes personnalités s’approchent de moi disant « vous savez on est avec vous mais ne le dites pas : chut ». Il y a une inquiétude et ça et c’est important pour un pouvoir et c’est pour ça que je me suis permis de prononcer le mot de Cour ; c’est un mot que je prononce depuis 2001. J’ai fais un livre pour dénoncer le problème de la Cour.
……
DDV : Je sais que tout nouveau pouvoir qui s’installe est guetté par ce risque (le phénomène de Cour). Moi j’avais de la chance. J’étais auprès d’un homme, Jacques Chirac, qui n’a jamais accepté aucune forme de Cour. Tout simplement parce que c’est un homme qui n’est pas sensible à la flatterie. C’est un homme qui a des amitiés anciennes. C’est un homme qui est proche du terroir. C’est un homme qui ne fréquente pas les puissants et les grands.
……
DDV : ce mot a été mal choisi (collaborateur) et François Fillon dans le rôle qui est le sien d’homme expérimenté, et qui plus est avec une vraie légitimité quand il aborde la question des régimes spéciaux et des retraites, en aucun cas ne saurait être comparé à un collaborateur

SM :
vous sentez qu’il y a une peur, une peur collective ? Est-ce que vous sentez aussi qu’il y a une connivence, que cette peur passe aussi par les médias par rapport à vous. Comment vous sentez çà ? Comment vous l’interprétez ça ?

DDV :
nous sommes un pays très fragile du point de vue de la Cour, très fragile tout court d’ailleurs! Et ça a été une inquiétude successive des Présidents de la République : François Mitterrand, Jacques Chirac la peur d’une cassure sociale, d’une cassure psychologique. Nous l’avons vu aux lendemains de la guerre (40-45), quand le général de Gaulle a porté sur lui l’idée d’une France qui ne pouvait pas encore regarder son passé en face alors on transcendait cela à travers la Résistance française. Nous avons toujours eu du mal à regarder la réalité en face. Toute l’histoire de Napoléon c’est l’histoire d’une occultation. On n’est pas capable de regarder la Révolution française telle qu’elle était alors on fait de la révolution française un temps de liberté. On oublie les têtes que l’on coupait. Cette occultation permet de transcender les difficultés mais à un moment donné on se doit de regarder la réalité en face. Je le dis très tranquillement depuis plusieurs semaines : la réalité de notre pays c’est que nous sommes confrontés à une situation économique difficile comte tenu de la conjoncture mondiale ; nous n’éviterons pas un tournant économique majeur du point de vue de la politique économique et ce que je souhaite, moi, c’est donner du courage, dans le fond, à ceux qui sont aux affaires aujourd’hui ; c’est ma famille politique.
……
DDV : la Cour fait tout sauf vous pousser dans la bonne direction. Je vous donne un exemple : nous avons une consommation qui se porte bien en France. Nous avons une croissance qui faiblit, nous avons un investissement qui faiblit. Nous avons un commerce extérieur qui nous pose problème. Nous avons des déficits qui s’accroissent. Il faut avoir le courage aujourd’hui, de faire ce que l’Allemagne a fait, c’est-à-dire des réformes, une politique qui nous permettent de relancer la compétitivité qui s’appuie sur les Petites et Moyennes Entreprises qui sont véritablement le socle de la croissance en France.
……
DDV : ce que je dis aujourd’hui c’est qu’on peut appliquer toutes les réformes de la campagne présidentielle ; rien ne sera à la mesure des enjeux d’aujourd’hui. Il faut quelque chose de plus. Il faut à la fois des réformes de structures beaucoup plus importantes que celles qui ont été évoquées, et il faut en même temps un changement de politique économique, qui n’est pas suffisant, et qui ne peut trouver sa réponse dans une imprécation auprès de la politique européenne. 

Source: L'équipe du blog "halte au complot"

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Betty 19/09/2007 13:30

Concernant le nucléaire iranien toutes les bonnes questions n'ont sans doute pas été posées comme le suggère VOLTAIR, mais nous avons eu la bonne réponse.
Autant j'a été impressionnée par la prestation de DDV, autant je suis effarée par l'approche du dossier iranien par nos autorités!
Sans minimiser le risque du nucléaire iranien, il y a quand même d'autres solutions que de bombarder l'Iran!!!
La négociation par exemple!
DDV nous a donné la solution et son mode d'emploi.Il ne reste qu'à l'appliquer!
Avec Chirac ils ont mené une politique étrangère très digne, conforme à l'intérêt du pays, et bcp devraient s'inspirer de l'homme qui a été applaudi à l'ONU!

VOLTAIR 18/09/2007 06:49

Bonjour. Nous avons beaucoup apprécié la prestation de D. De Villepin dans l'émission "Ripostes" du 17 09 2007. Cependant, concernant le "nucléaire iranien" nous nous étonnons que les vraies questions ne soient pas posées. Par exemple: D'où provient cet uranium que les iraniens n'auraient pas le droit d'enrichir? Si cet métal provient du sous-sol iranien alors il serait normal que les iraniens veuillent l'exploiter comme bon leur semble à la seule condition qu'ils respectent le "droit international". Sinon, ce métal vient de l'extérieur, et dans ce cas pourquoi ne pas bloquer simplement les exportations d'uranium vers l'Iran ? Telles sont quelques unes des questions que DDV ni d'ailleurs les autres intervenants n'ont pas posé dans cette émission qui nous a tout de même permis d'apprécier quelques unes des nombreuses qualités de DDV : simplicité,joie de vivre...

HENRI 17/09/2007 22:37

Je souhaite apporter mon soutien à Dominique de Villepin.

Villepiniste jusqu'au bout 17/09/2007 17:14

Je le savais bien de toute façon que Nicolas Sarkozy était Atlantiste , il y a que les personnes anésthésiées qui l'ont pas compris . On va remplacer les Anglais comme ça .

Villepiniste jusqu'au bout 17/09/2007 17:02

Kouchner et Sarkozy sont iresponsables et dangereux quand ils menacent les iraniens directement sans action ménée conjointement par l'Union Européenne .Par cette attitude Ils mettent l'intégrité de la France en danger . En voulant se mettre dans les pas de George Bush, ils comettent une très grave erreur . Cette ligne Atlantiste est elle étonnante ? Non, étant donné que Nicolas Sarkozy a déclaré allégence à George Bush deux fois . Le Monde n'a pas besoin d'une guerre supplémentaire dans les conditions que veulent imposer l'Administration Bush . Néanmoins est- ce qu'on peut laisser le Nucléaire à un Président qui a déclaré vouloir rayer Israêl de la Carte ? Je ne pense pas mais la solution n'est pas millitaire . Une chose est certaine on a pas besoin de suivre Le Président américain dans son aventure millitaire sans négociations préalables . Toutes les issues doivent être essayé avant une éventuelle action millitaire