Extraits de l'intervention de Dominique de Villepin sur Europe1: "La justice, c’est un bien commun"

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DDV : C’est une réaction  aux propos tenus hier par Nicolas Sarkozy, (il évoque ici la lettre qu’il a envoyé à Nicolas Sarkozy). D’abord, pour me réjouir d’une chose, Nicolas Sarkozy, et je ne l’ai pas entendu souvent dans sa bouche, a indiqué qu’il y avait plusieurs centaines de victimes dans cette affaire ; ça veut dire une chose très simple, ça veut dire que cette affaire ne peut être réduite à une affaire de rivalité politique et qu’il y a, par définition, compte tenu des personnalités, à la fois industrielles, des personnalités du monde du renseignement, des personnalités administratives, il y a une ampleur de personnalités, un nombre de personnalités qui montre bien qu’il s’agit d’une affaire d’une toute autre nature, et je l’ai dit : cette affaire n’est pas politique, et donc j’ai indiqué à Nicolas Sarkozy qui avait semblé hier, ou semblait hier, dire que je souhaitais qu’il retire sa plainte, qu’à aucun moment je ne lui demandais cela. Au contraire, je me réjouis qu’il ait porté plainte, et cette plainte est de plein droit. Il est tout à fait légitime, dans la mesure où il se sent visé, qu’il porte plainte. 
Ce que je dis est tout à fait différent. Ce que je dis, c’est qu’il y a une bizarrerie juridique dans cette situation, à la fois quand il était Ministre de l’intérieur et aujourd’hui Président de la République, de façon encore plus grave. Peut-on être à la fois Président de la République, Président du Conseil Supérieur de la Magistrature, donner des instructions au Parquet et à la Chancellerie, et en même temps être partie civile ? Je pense que c’est compatible, à une condition : c’est qu’on fasse preuve de prudence et de vigilance. Qui s’exprimait hier à la télévision sur ce dossier Clearstream ? Le Président de la République ou la partie civile ? Si c’est la partie civile, et dans la mesure où cette partie civile à plusieurs reprises a semblé montrer du doigt le Président Chirac et moi-même, est-ce que cela ne pèse pas sur le fonctionnement de la Justice ? Est-ce que cela n’impressionne pas la Justice et la Police Judicaire ? Mon sentiment c’est que cela fausse le bon fonctionnement de l'instruction.

DDV : « Je dis qu’il y avait hier soir un exercice de confusion entre deux rôles distincts : celui de Président de la République et celui de partie civile, et j’indique que si l’on veut que cette affaire puisse aller jusqu’au bout, et personne ne le souhaite plus que moi. Je souhaite la totale vérité dans cette affaire, et c’est pour cela d’ailleurs que je fais recours en cassation de la décision de réduction de l’indemnité, certes à 50 000 euros ; c’est une première étape, mais ce n’est pas suffisant. Parce que j’estime que quand on est innocent, quand on n’a rien fait, on n’a aucune caution à verser. Il y a une deuxième chose que j’ai indiquée dans cette lettre et qui est importante. Hier soir, Nicolas Sarkozy a noté avec beaucoup d’insistance qu’il avait été sali, qu’il lui avait fallu démontrer à la Justice qu’il n’avait pas de compte. Or, la réalité de ce que je connais moi, c’est-à-dire la réalité du dossier d’instruction montre qu’à aucun moment il n’a été mis en cause ni médiatiquement ni judiciairement, qu’à aucun moment il n’a dû rencontrer un juge pour s’expliquer. Il y a eu simplement commission rogatoire, or commission rogatoire, c’est tout à fait autre chose. C’est un acte de procédure confidentiel d’information de vérification dans lequel à aucun moment il n’a été sollicité. »

DDV : « Je pense qu’il croit ce qu’il dit mais, donc je ne lui fait pas de procès d’intention, mais ce qu’il dit ne correspond à la vérité. Et c’est donc pour cela que j’estime devoir aujourd’hui remettre les choses à leur place et j’ai estimé que dans la mesure où il avait des informations que je n’avais pas et qui ne sont pas dans le dossier, eh bien il devait les fournir. S’il a été sali, très bien, je veux savoir comment. S’il a dû répondre à un juge, très bien, je veux savoir comment. À lui de donner ses informations aux juges d’Huy et Pons. C’est pour cela que j’ai adressé copie de cette lettre aux deux magistrats. »

DDV : « La justice, c’est un bien commun ; nous avons tous droit à la vérité et à la justice, et je suis frappé de voir comment une affaire, à mon sens internationale et industrielle, a été transformée en affaire politique sans qu’il y ait dans ce dossier la moindre chose qui puisse le justifier. Alors c’est facile, je connais cela depuis des années. Chaque fois qu’il y a un élément dans le dossier, on montre du doigt soit moi soit quelqu’un de proche et on dit : « voilà la preuve de la mise en cause de Dominique de Villepin ». Eh bien, ce n’est pas le cas. Je sais que cela recommencera dans les prochaines semaines. Je le dis clairement : au bout du compte, la vérité sera connue, et cette vérité ne me concerne pas.

Publié dans L'affaire Clearstream

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vriguaard 23/09/2007 17:46

Une équipe installe effectivement la confusion à la tête de l'Etat, dans la vie des Français et dans les moeurs de la République.
Telle partie civile dévoie la tribune de la présidence de la République à la défense partisane de ses propres perceptions.
Tel chef de gouvernement se déclare, par trois fois dans un même discours, à la tête de l'Etat, dont il déclare la faillite de surcroît.
Sans compter les ambiguïtés des relations tues de la "soeur" de l'épouse du premier magistrat.

Je suis rassuré que les élites culturelles de la France entrées en politique commencent à donner des signes qu'une espérance point que l'aveuglement ne les a pas touchées et que leurs voix, bientôt, se lèveront avec fermeté.

mathilde 22/09/2007 21:55

Merci pour votre coup de gueule FH.
Enfin Villepin ose s'entreprendre dans le coeur du coeur de ce que la fausse affaire Clearstream doit cacher : le dossier industriel...les dossiers industriels...et si je parle souvent de l "assassinat" du banquier Stern (qui avait un compte effectif dans Clearstream de par son métier dans la finance, et qui de ce fait voyait sur écran défiler les opérations qu'il suivait), cela relève d'une curiosité qui n'aurait pas dû échapper aux journalistes d'investigations...s'il en existe encore dans l'hexagone ! Cela est normal dans le cadre d'une activité de financier à la tête d'une holding et de multiples sociétés financières.
Ce qui l'est moins, c'est qu'il était un grand intime de notre locataire de l'Elysée, et qu'il suivait de très près l'affaire "Clearstream"...pourquoi pouvait-il être interressé par ce cinéma, qu'un financier de son intelligence et expérience, ne pouvait un seul instant prendre au sérieux ?
Fort curieusement, les 2 juges qui ont violé l'intimité de l'appartement des Villepin,ont collé 200 000 euros de caution comme à un gangster, sont les mêmes qui travaillent sur l'affaire du meurtre du banquier Stern, ami de Sarkozy.
Il reste seulement à les obliger à faire de l'excès de zèle dans le domaine juridique qui relève des bas-fonds et coulisses de ces deux dossiers, qui pourraient avoirs des fils invisibles en surface ????
Jean-Luc Lagardère a peut-être subi une technique médicale qui a fait ses preuves sur pas mal de personnes gênantes pour un état puissant, dirigé par un despote. Il y a déjà eu 12 décès suspects dans les Frégates. Dans l'affaire Rhodia, Stern a perdu 60 mio d'euros, et un autre témoin majeur est décédé suite à un cancer fulgurant il y a un mois comme par hasard...une mort en apparence normale, comme chez Lagardère, voire Stern.
Merci à Dominique de Villepin d'oser mettre les mains dans cette lie....et c'est ce qui probablement le sauvera, et avec lui la république.
Quant à celui qui s'est retrouvé par malice à la tête de notre pays, il a déjà mangé son pain blanc....et la politique fast-food qu'il veut nous imposer, il a déjà créé une occlusion sur la place diplomatique européenne...chez Angela sûrement !

FH 22/09/2007 18:18

Sans Blaaaaaaaaaaague monsieur ou madame Voltair vous avez ressenti une légère tristesse et bien moi heureusement que je ne l'ai pas écouté ( je sais c'est pas bien il faut toujours écouter les arguments de ses adversaires mais je voulais pas me gacher la soirée j'en avez assez entendu pour la semaine...) car c'est de la HONTE que j'aurais ressenti et de la RAGE(il me rend malade ce type là...).Avec lui c'est devenu le degré ZERO de la politique ,tout dans le registre de l'émotion et rien dans le registre de la réflexion...Il nous gave comme des porcs de sa COM ...(car comme vous le savez surement le porc est un animal omnivore appartenant à de la famille des suidés qui ingurgite tout et nimporte quoi "d'ou l'expression se gaver comme un porc").
C'est trop tard "les couteaux sont tirés" cela ne concerne pas seulement les deux protagonistes actuels ça nous dépasse...
Il s'agit bien là de l'AVENIR DE LA FRANCE DANS LE MONDE.Alors excusez moi de ne pas etre une seconde manipulée par les gérémiades de notre bien aimé président (HE! HO! nous ne sommes pas au pays des bisounours )...L'enjeu est trop grave...Ce n'est pas De Villepin l'homme qu'on a voulu abattre , c'est avec lui une certaine VISION DE LA FRANCE...
Amicalement votre FH.

VOLTAIR 22/09/2007 06:07

Bonjour. Puisqu'il nous est permis sur votre site d'ajouter un commentaire aux propos de DDV je dirai que j'ai ressenti une légère tristesse au cours de l'interview du Président NS lorsque la journaliste AC lui a parlé de l"affaire Clearstream". Notre cher Président qui jusque là était souriant (surtout en bout de phrase) s'est brusquement refermé et j'ai pensé qu'il ne fallait plus parler de cette "affaire clearstream". Franchement la France n'a pas besoin de cela surtout en ce moment.Alors qu'on en finisse le plus rapidement que possible. La France mérite mieux que cela. Le Président et D. De Villepin aussi.