Quelques extraits du passage de Dominique de Villepin sur Radio J

Publié le par L'équipe du blog

Dominique de Villepin était l’invité du Forum de Radio J. L’entretien a été conduit par Frédéric Haziza et Eric Mandonnet, journaliste à l’Express. Vous trouverez ci-dessous quelques extraits de cet entretien.
Nous publierons la suite de cet entretien ultérieurement. Vous trouverez dans cette suite, les réflexions de Dominique de Villepin sur la relation Franco-Allemande que l’on ne peut plus vraiment qualifier de couple, ainsi que son analyse de la politique intérieure : encore une occasion de mesurer combien son expérience est riche, et sa réflexion puissante !
 
Sur les questions de politique étrangère :
 
DDV : « La France est de retour ? Je crois que la France n’a jamais cessé d’occuper sa place et son rang. Il y a un infléchissement dans la position française. Nous sommes dans les apparences, donc tout cela demande confirmation, dans un rapprochement parfois même un alignement sur certaines positions de l’administration Bush. Pour ma part, je m’en inquiète. Je m’en inquiète quand j’entends le Ministre de la Défense évoquer les positions de la France vis-à-vis de l’OTAN, dans les termes qu’il a employés. Je m’en inquiète parce que je crois que cette administration est une administration finissante, qu’’elle s’est beaucoup trompée en matière de politique étrangère, que la communauté internationale paie d’un prix très lourd des erreurs d’appréciation très graves. Je parle notamment de l’Irak mais nous pourrions prendre d’autres sujets par exemple à l’Afghanistan.Je crois que la hiérarchie des problèmes a été mal établie par cette administration, ce qui explique par exemple que nous soyons très insuffisamment efficaces dans notre relation avec l’Iran aujourd’hui. Nous payons une posture, une politique, qui n’a pas donné les résultats escomptés, tout simplement parce qu’elle partait d’une erreur d’appréciation : elle pensait que la force permettait de régler les problèmes. La force ne permet pas, seule, de régler les problèmes si elle n’est pas accompagnée d’une véritable vision.
 
Au sujet du dossier iranien :
 
DDV : « il ne faut pas s’enfermer dans un choix manichéen. »
 
DDV : « il faut affiner ces sanctions pour qu’elles soient le plus efficaces possibles (sanctions contre l’Iran) ; c'est-à-dire arriver à préciser nos objectifs et arriver donc à modifier la position de l’Iran parce que les contraintes ainsi créées par la communauté internationale conduiraient à une efficacité vis-à-vis du régime…D’abord faisons en sorte que les sanctions qui sont votées dans le cadre du Conseil de sécurité, je veux bien qu’on étudie d’autres sanctions, mais faisons en sorte, d’abord, que ces sanctions soient efficaces. Les derniers rapports faits sur les sanctions décidées par les Etats-Unis montrent qu’elles ne sont pas ou peu appliquées ! »
 
DDV : « Les propos du Président iranien sont totalement inacceptables (destruction d’Israël).»
 
DDV : « je crois que nous (communauté internationale) avons raison de nous fixer cet objectif (celui de la suspension de l’enrichissement de l’uranium)
 
DDV : « les conséquences pour la communauté internationale d’une frappe, aujourd’hui, en Iran seraient incalculables ! »
 
DDV : « Nous le savons tous ; c’est par la négociation que l’Iran pourra accepter cette suspension. Encore faut-il que les propositions qui soient faites permettent de crédibiliser cette négociation. L’Amérique a les moyens de le faire : créer un paquet d’incitations avec en parallèle un paquet de sanctions véritablement crédibles, qui soit affinées. Qui crée pour le régime iranien les conditions d’un véritable changement soit qu’au bout du compte les Iraniens eux-mêmes décident de renvoyer Monsieur Ahmadinejad, parce que le prix à payer par l’Iran serait trop fort, soit que le régime décide tout simplement d’évoluer sous la contrainte. »
 
DDV : « Ce que je dis c’est qu’il faut que la communauté internationale travaille. Elle ne travaille pas assez, trop de paroles, trop de déclarations, trop de réunions ; pas assez d’agenda préparé, planifié, conduisant à des objectifs qui nous permettent d’avancer. Moi je suis un ardent défenseur non pas de la diplomatie de la parole, mais de la diplomatie de travail.

Publié dans Dominique de Villepin

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mathilde 25/09/2007 10:15

..Oh...un scud !
Les néos-conservateurs ne sont pas tous à NY en ce moment ???

tinhinen 25/09/2007 01:19

mazel tov. enfoiré de prems