Clearstream : Le CSM statue sur le sort du juge van Ruymbeke

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Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) doit décider mardi s'il inflige une sanction disciplinaire au juge Renaud van Ruymbeke pour son action en marge de l'affaire Clearstream.

De la réprimande à la révocation
Lors de sa comparution devant la formation disciplinaire du CSM le 25 octobre, le représentant de l'accusation avait réclamé une simple "réprimande" inscrite au dossier de ce juge d'instruction de 55 ans rompu aux affaires sensibles.
 
Les onze membres de la formation disciplinaire peuvent théoriquement infliger à M. van Ruymbeke une sanction allant de la réprimande à la révocation, une mesure très rare, ou décider de relaxer le magistrat qui se défend de tout manquement à son devoir.
 
Le juge du pôle financier avait été renvoyé en février devant le CSM par le Garde des Sceaux d'alors, Pascal Clément, qui s'était fondé sur un rapport de l'Inspection générale des services judiciaires (IGSJ) critiquant des rencontres secrètes en 2004 entre le juge et Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d'EADS mis en examen dans le dossier Clearstream.
 
Renaud van Ruymbeke, qui était alors bloqué dans son enquête sur des commissions versées en marge de la vente de frégates françaises à Taïwan, avait accepté de rencontrer M. Gergorin qui affirmait pouvoir lui livrer des informations susceptibles de l'aider dans ce dossier.
 
Des rencontres hors procédures
Mais les listings bancaires transmis au juge sous le couvert de l'anonymat et hors de tout cadre procédural - M. Gergorin ayant affirmé au magistrat craindre pour sa vie - étaient en réalité les fameux numéros de comptes falsifiés de Clearstream sur lesquels figurent les noms de personnalités politiques, dont celui de Nicolas Sarkozy.
 
Devant le CSM, le juge se voit reprocher d'avoir manqué à ses "obligations de prudence et de rigueur" pour avoir conduit ces rencontres hors procédure.
 
Mais lors de l'audience, c'est essentiellement un manquement à "son obligation de loyauté" qui a été retenu par l'accusation: Renaud van Ruymbeke a tu jusqu'en mai 2006 le nom du corbeau de Jean-Louis Gergorin, le "corbeau" de Clearstream aux juges enquêtant sur l'affaire de dénonciation calomnieuse ainsi qu'à sa collègue co-saisie dans l'affaire des frégates.
 
Les conventions internationales sur la protection des témoins imposaient son silence, argue le juge qui "n'accepte pas ce terme de manque de loyauté".
 
"Je suis poursuivi par le ministre"
"Si je suis ici aujourd'hui, c'est parce que je suis poursuivi par le ministre", a expliqué le magistrat à l'audience en rappelant que sa hiérarchie avait pour sa part "conclu qu'il n'y avait pas lieu à poursuivre".
 
Tout au long des cinq heures d'audience, ses avocats ont mis en garde contre le signal néfaste que signifierait une sanction à l'égard de Renaud van Ruymbeke. De nombreux avocats et magistrats étaient présents dans la salle pour le soutenir.
 
"La moindre sanction risquerait d'être vécue par un grand nombre de magistrats et beaucoup d'avocats comme une reprise en main par le pouvoir politique qui a tant de mal à accepter que la justice ne soit pas un service", a prévenu l'un d'eux, Me Philippe Lemaire.
 
Source : L’Express
 

Publié dans L'affaire Clearstream

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samira 21/11/2007 14:01

Cher Philippe,

Je ne saurais que vous engager à davantage de prudence et donc de discrétion. Le présent sujet est très délicat à traiter et nous savons que ceux qui veulent faire éclater la vérité ou faire en sorte que le fond du sujet ne soit pas oublié se retrouvent systématiquement hors course; le cas du juge Van Rymbecke est, à ce propos, une "superbe" illustration. Même avec l'appui de tous ses collègues, le voilà passé à la trappe! Il ne vous est pas necessaire de publier sur un site ouvert à tous, ce que vous entreprenez ou envisagez d'entreprendre. Ce n'est qu'un conseil que je me permets afin de ne pas obhérer les chances d'une d'une plus grande efficacité potentielle. "Ne pas parler" n'est pas forcément synonyme de "ne pas agir".

Philippe 21/11/2007 09:25

Une voix connue et célèbre, Prix Nobel d'économie de plus, se prononce publiquemet de facto contre les "réformes" que Nicolas Sarkozy veut introduire de force en France et qui ont, selon lui, échoué depuis 10 ans à régler les problèmes financiers, sociaux et économiques, notamment en Asie.

Joseph Stiglitz est archi-connu par les Sarkozy boys. Ses anciennes et actuelles fonctions aussi.

C'est donc intéressant de lui donner la parole sur ce blog sur les orientations "archaïques "libérales" du gouvernement de Nicolas Sarkozy. Et plutôt ironique autant que savoureux....

Et ce n'est pas un militant d'extrême-gauche ou un gréviste en colère qui a écrit le texte qui suit!!! Mais un Prix Nobel et grand économiste.

Nicolas Sarkozy va -t-il sortir de son "autisme" politique et de son dogmatisme "libéral" ici bien tancé, arguments historiques récents à la main?

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Subprime crisis highlights hypocrisy of the IMF and the US

By Joseph Stiglitz

Wednesday, Nov 21, 2007, Page 9


This year marks the 10th anniversary of the East Asia crisis, which began in Thailand on July 2, 1997, spread to Indonesia in October and to South Korea in December. Eventually, it became a global financial crisis, embroiling Russia and Latin American countries, such as Brazil, and unleashing forces that played out over the ensuing years: Argentina in 2001 may be counted among its victims.

There were many other innocent victims, including countries that had not even engaged in the international capital flows that were at the root of the crisis. Laos was among the worst-affected countries.

Though every crisis eventually ends, no one knew at the time how broad, deep, and long the ensuing recessions and depressions would be. It was the worst global crisis since the Great Depression.

As the World Bank's chief economist and senior vice president, I was in the middle of the conflagration and the debates about its causes and the appropriate policy responses.

This summer and fall, I revisited many of the affected countries, including Malaysia, Laos, Thailand and Indonesia. It is heartwarming to see their recovery. These countries are now growing at 5 percent or 6 percent or more -- not quite as fast as in the days of the East Asia miracle, but far more rapidly than many thought possible.

Many countries changed their policies, but in directions markedly different from the reforms that the IMF had urged. The poor were among those who bore the biggest burden, as wages plummeted and unemployment soared.

As countries emerged, many placed a new emphasis on "harmony" in an effort to redress the growing divide between rich and poor, urban and rural. They gave greater weight to investments in people, launching innovative initiatives to bring health care and access to finance to more of their citizens, and creating social funds to help develop local communities.

Looking back at the crisis a decade later, we can see more clearly how wrong the diagnosis, prescription and prognosis of the IMF and US Treasury were. The fundamental problem was premature capital market liberalization.

It is therefore ironic to see the US Treasury secretary once again pushing for capital market liberalization in India -- one of the two major developing countries (along with China) to emerge unscathed from the 1997 crisis.

It is no accident that these countries that had not fully liberalized their capital markets have done so well. Research by the IMF has confirmed what every serious study had shown: Capital market liberalization brings instability, but not necessarily growth. (India and China have, by the same token, been the fastest-growing economies.)

Of course, Wall Street -- whose interests the US Treasury represents -- profits from capital market liberalization: They make money as capital flows in, as it flows out, and in the restructuring that occurs in the resulting havoc.

In South Korea, the IMF urged the sale of the country's banks to US investors, despite the fact that South Koreans had managed their own economy impressively for four decades, with higher growth, more stability and without the systemic scandals that have marked US financial markets.

In some cases, US firms bought the banks, held on to them until South Korea recovered, and then resold them, reaping billions in capital gains.

In its rush to have Westerners buy the banks, the IMF forgot one detail: to ensure that South Korea could recapture at least a fraction of those gains through taxation. Whether US investors had greater expertise in banking in emerging markets may be debatable; that they had greater expertise in tax avoidance is not.

The contrast between the IMF/US Treasury advice to East Asia and what has happened in the current subprime debacle is glaring. East Asian countries were told to raise their interest rates, causing a rash of defaults. In the current crisis, the US Federal Reserve and the European Central Bank cut interest rates.

Similarly, the countries caught up in the East Asia crisis were lectured on the need for greater transparency and better regulation. But lack of transparency played a central role in this past summer's credit crunch; toxic mortgages were sliced and diced, spread around the world and hidden away as collateral, so no one could be sure who was holding what. And there is now a chorus of caution about new regulations, which supposedly might hamper financial markets.

Finally, despite all the warnings about moral hazard, Western banks have been partly bailed out of their bad investments.

Following the 1997 crisis, there was a consensus that fundamental reform of the global financial architecture was needed. But, while the current system may lead to unnecessary instability and impose huge costs on developing countries, it serves some interests well. It is not surprising, then, that 10 years later, there has been no fundamental reform. Nor, therefore, is it surprising that the world is once again facing a period of global financial instability, with uncertain outcomes for the world's economies.

Joseph Stiglitz is a Nobel laureate in economics, professor of economics at Columbia University and was chairman of the Council of Economic Advisers to former US president Bill Clinton and chief economist and senior vice president at the World Bank.

Philippe 21/11/2007 08:02

Michèle Alliot-Marie quitterait l'UMP....

Selon des informations de source journalistique proches de LCI, Michèle Alliot-Marie ne serait pas candidate aux prochaines municipales sous l'étiquette UMP, mais comme "indépendante".

A vérifier bien sûr.

Mais que ceci soit vrai ou faux, cela indique que le gouvernement s'enfonce dans l'inconsistance et la dislocation, et que l'intéressée n'est pas (plus?) dupe de ce que certains lui préparent, par le biais judiciaire.

Un gouvernement en perdition qui devrait parler du coût énorme des grèves en cours -loin d'être terminées- celles à venir, au lieu de jouer les matamores quand le pays coule.

Sans oublier les "reculs" qui se multiplient derrière les "mâles" déclarations de Nicolas Sarkozy: report de la réforme de l'Etat, révision du plan Dati, tangage au sommet de l'Etat sur les Universités où la pression monte;

Cela a été dit sur ce blog: le sarkozysme est un naufrage permanent qui confine au pathétisme.

La preuve: la presse mondiale donne le ton. Elle parle largement d'une crise profonde en France et voit une montée de l'exaspération des citoyens contre le gouvernement incompétent.

Selon les observateurs étrangers, les foyers de tension se multiplient et les banlieues sont à vif aussi en arrière-plan, tandis que ce qu'ils appellent l'extrême-gauche se développe et devient une vraie force.

Comme disait Chirac de Sarkozy: "lui confier le pouvoir revient à donner à un pyromane un bidon d'essence et un gros briquet en pleine canicule dans une pinède désséchée".

Une plaisanterie qui reflète bien Nicolas Sarkozy.

Philippe 21/11/2007 02:29

Un maire sarkozyste que les membres du gouvernement ne veulent pas rencontrer: Rama Yadé n'est finalement pas venue soutenir Manuel Aeschlimann à Asnières comme celui-ci le claironnait haut et fort...

Et que ses propres élus ne suivent plus: un de ses élus et maires-adjoints signent une pétition de RESF contre l'expulsion d'un papa sans papiers!!!

Ou chronique d'une ville vraiment prenable par Dominique de Villepin, s'il le veut.

Ce qui suit est tiré du blog:www.asnierois.info

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Rama Yade n'est pas venue!

Les forces de l'ordre n'avait été prévenues qu'hier dans l'après-midi : Madame Rama Yade, secrétaire d'État aux Droits de l'Homme n'est pas venue se compromettre aujourd'hui avec la nébuleuse aeschlimann et son cocktail organisé sous le prétexte de célébrer la Journée Internationale des Droits de l'Enfant.

Les Asniérois espèrent que la Secrétaire d'État aura toutefois pris le temps de se pencher sur les dossiers des familles en grande précarité civile et sociale sur la ville d'Asnières.

Mardi 20 novembre 2007 | Résistance
Le maire adjoint signe la pétition RESF

Laurent Martin Saint Léon, Adjoint au maire UMP décomplexé d'Asnières, signe la pétition pour la libération de Monsieur Mohamed HADDAOUI lancée par RESF . L'expulsion de ce Papa va être dramatique pour sa famille et ses enfants scolarisés à Asnières.

Laurent Martin Saint Léon précise dans sa signature : «Les situations juridiques doivent parfois plier face aux problèmes humains, le papa de trois enfants ne doit pas être séparé de sa famille il en va de l'honneur de la République.» Ça, ce n'est pas la droite décomplexée qui s'exprime, mais la droite qui a des valeurs et qui les met au service de la Nation et des Droits de l'Enfant.

Philippe 21/11/2007 02:03

Mathilde et Samira,

J'oubliais dans l'argumentaire sur la nécessité sur divers plans de la levée du secret-défense de pointer un autre aspect pour l'heure encore embryonnaire, mais se dessinant avce force sur le tableau de l'avenir prévisible: la mise en cause dislocatrice du "clan chiraquien" et des points d'appui politiques possibles de Dominique de Villepin ce faisant.

La "soudaine orientation", bien sût pure coïncidence fortuite, de l'instruction de l'affaire Clearstream 2 vers Mme Alliot-Marie est de ce point de vue très....indicative de la stratégie en oeuvre.

Rappelons le sort électoral SPECIFIQUE d'Alain Juppé à Bordeaux, le menant à la retraite politique d'office, parce que soudain perdant lors d'un scrutin qui voyait l'UMP gagner largement dans le pays...Le hasard fait si bien les choses dont certains avaient le désir affiché!

Visiblement, depuis mai-juin 2007, les coups, toujours fruits du hasard le plus indépendant de toute volonté "opportune", se suivent étrangement contre les anciens soutiens de Jacques Chirac et les potentiels soutiens de Dominique de Villepin.

Le destin opportun ou une volonté de détruire? La question peut se poser tant le hasard frappe sans cesse aux mêmes portes politiques.

Il serait temps que ce dernier, et ses amis, comme les élus villepinistes, comprennent qu'une stratégie d'étouffement et de dénigrement est en oeuvre contre eux. Une stratégie que certains, avant mai 2007, ont connu dans cequi était appelé le "laboratoire de la France d'après", je veux dire le "Sarkoland originel" appelé en République "Hauts de Seine".

Un par un, s'ils ne réagissent pas et ne se battent pas avec détermination et compréhension des faits et des processus qui les relient entre eux, ils seront écartés de tout mandat public, accusés en Justice du fait de plaintes parfaitement "accidentelles" et "mouillés" dans des dossiers "sensibles" dont ils ressortiront politiquement et humainement brisés.

Oui, sur le plan des "méthodes" du combat politique, le sarkozysme est une "rupture" et celles et ceux qui ont sur ce système des illusions parce qu'ils ont un jour fait acte, fut-ce minimal, d'allégeance, risquent bientôt de payer leur naïveté au prix fort.

On ne compose pas avec le système sarkozyste, on le combat frontalement pour le détruire.

On ne fait pas une seconde allégeance à ce système, sinon, il vous réduit en pièces ou promet " de pendre les responsables à des crocs de boucher" (expression d'Hitler pour rendre plus horrible la mort des conjurés de l'attentat du 20 juillet 1944!!!).

Seule, la résistance tenace, courageuse, collective, solidaire, organisée, appuyée sur la population du pays, est l'issue et la solution pour sortir de ce système.

Il serait temps que les élus villepinistes et les autres, de toutes couleurs avec eux, posent le principe -l'axiome-politique suivant:

" le système sarkozyste est profondément, totalement, iréductiblmeent INCOMPATIBLE avec les valeurs et principes de la République".

Il n'est ni de droite, ni de gauche, ni du centre ou d'ailleurs, ce système est un système clanique, prêt aux pires turpitudes et méfaits, exclusivement au service d'avides ambitions privées, vides de tout sens et de toute attention à l'intérêt public et national.

Avec ce système, tout est EFFECTIVEMENT possible! Sur ce point, aucun doute n'est possible: c'est vrai!

On ne se commet pas, on ne se compromet jamais avec un tel système qui broie les êtres.

Ce système est à rejeter et vaincre au plus vite avant qu'il ne conduise le pays aux pires catastrophes et ne génère des dégâts irréversibles.

Ces mots apparaîtront durs, mais, pour celles et ceux qui connaissent et ont expérimenté les méthodes de ce système, ils sont la triste vérité.

Toute illusion sur ce système est mortelle pour la République.

Ce dont le pays a besoin, ce ne sont pas des "soutiens" à ce système- que certains estiment tactiquement nécessaires alors qu'ils sont stratégiquement désastreux car auto-destructeurs, c'est d'un véritable nouvel Appel du 18 juin.

Derrière le langage "de petit caïd" que Mathilde nous a fait connaître sur les Musulmans en Europe, c'est la marque de ce système, sa manière de penser et de concevoir les faits et les êtres, qui est en cause.

Il serait temps que Dominique de Villepin et ses partisans, comme le MODEM et le PS, prennnent la juste mesure du processus et de la signification des faits "éclatés", accidentels" en apparence, qui les frappent.

Les mots prononcés reflètent le système!
Les faits rassemblés prouvent le système!