Dominique de Villepin était l’invité de radio classique ce matin. Nous vous posterons l’entretien dès que possible. Il est beau et très riche. En attendant
voici quelques brefs passages:
Sur la transmission de la mémoire de la Shoah par le biais de la prise en charge, par chaque enfant de CM2 de la mémoire d’un enfant juif mort du
fait de la barbarie nazie (idée de Nicolas Sarkozy émise devant le CRIF), :
« Je trouve que c’est une idée étrange […] La charge de la mémoire d’un enfant mort c’est quelque chose de très lourd à porter. J’ai moi-même perdu mon
frère jeune. Je crois que c’est quelque chose qu’on ne peut pas imposer […] La mémoire c’est quelque chose de délicat…Ce sont des domaines où l’on risque, sans le vouloir bien sûr, de rouvrir, de
raviver des plaies beaucoup plus que de faire comprendre, d’éclairer. Donc ce sont des domaines où je crois qu’il ne faut pas que la politique rentre. Il faut que ceux qui ont vocation
d’expliquer, les historiens qui ont vocation à faire leur travail le fassent... Ce sont des domaines d’une extraordinaire fragilité ou complexité.
« […] L’intimité, le poids, la charge : vous savez un enfant c’est compliqué. Tout cela chemine dans la tête d’un enfant, dans le cœur d’un
enfant. Il faut beaucoup de soin, beaucoup de doigté, beaucoup de connaissance de cet enfant pour faire cela. Donc je pense que les faits historiques doivent être éclairés mais
le poids affectif, la charge ceux sont des choses qu’il faut mesure, qui ne peuvent pas, une fois de plus, ni s’imposer ni se décréter […] La charge d’un enfant mort c’est quelque chose de
difficile, c’est quelque chose qui chemine. Ce n’est pas, je pense, dans la responsabilité du Président de la République […] Je suis convaincu d’une chose : le XIXème siècle c’est le
siècle des nationalités, le XXème a été le siècle de la barbarie et des idéologies, le XXIème est le siècle des identités […] Je ne crois pas que la mémoire doive devenir un champ
d’expérimentation politique […] »
Sur la laïcité :
« La première des clés me parait être le rassemblement. Faut-il se diviser sur des sujets comme la laïcité ? C’était
étonnant de voir, hier le Président du CRIF mettre en garde contre la religion laïque. Je crois qu’il n’y a qu’une laïcité, c’est la laïcité républicaine ! […] Nous
avons en partage des principes républicains. Pourquoi essayer de les tirer dans un sens ou dans un autre ? Je crois que c’est un bagage formidable ! Pourquoi se
disputer sur ces principes républicains qui ont fait leurs preuves ? […] »
Eloge de Dominique de Villepin effectuée par Radio classique : « c’est la personnalité de droite la plus éminente en
dehors du chef de l’état. On sait qu’il incarne une autre vision de la politique conçue comme une mission qui passe par-dessus les partis et les élections. Sa manière vibrante, enflammée parfois,
littéraire souvent, de parler de la France fait entendre une différence à laquelle l’électorat de droite qui l’a adoré, avant de le rejeter, comme elle rejette Nicolas Sarkozy aujourd’hui,
pourrait redevenir sensible : Villepin comme homme du recours en quelque sorte. »
Je reviens sur les scandales et "affaires" qui viennent remplir le débat public à Taiwan.
Avant-hier, c'est une affaire très "étrange" d'espionnage au centre duquel on trouve un citoyen américain natif de Taiwan qui aurait espionné pour Pékin et, avec l'aide d'un analyste jusqu'ici tranquille du...Pentagone, aurait transmis à Pékin des secrets militaires communs américano-taiwanais sur la défense anti-missiles de l'île.
Les militaires taiwanais trouvent eux-mêmes que rien de secret n'a pu être transféré à Pékin, sauf si cela a été fait du Pentagone ou encore de l'entreprise privée intervenante Lookheed Martin. Les différenciations de commentaires sont ici frappants.
Ce soir, c'est la découverte d'un scandale massif encore relatif aux forces de défense du pays: le Président de la République, Chen Shui Bian, est accusé d'avoir monté une société pour détourner une partie des fonds publics et des crédits militaires d'équipements de l'armée taiwanaise.
L'affaire touche au coeur la parti au pouvoir PDP et son appareil politique de haut niveau.
Visiblement, depuis deux jours, les "affaires" qui sortent tournent toutes autour des ventes d'armes aux forces armées taiwanaises.
Cela est très indicatif du climat de règlements de comptes qui se développe très vite, presque heure par heure.
Je suis cela pour le blog car il est évident que l'on approche des écuries du pays en matière de corruption, et la plus grosse senteur malodorante de ce côté est faite par les contrats d'armes françaises.
Bien amicalement
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A l'équipe du blog,
Selon ce que je lis de la presse française, "la France" aurait ratifié le Traité de Lisbonne.
Il semble que l'information soit au moins à redéfinir: ce n'est pas la France qui aurait ratifié ce Traité dans les conditions anti-démocratiques que tous savent, mais une partie des députés et sénateurs en contradiction absolue et frontale avec le souhait de l'opinion public majoritaire, ce que les électeurs risquent de faire aussi payer aux élus UMP lors des scrutins de mars 2008.
Nicolas Sarkozy va payer plus cher encore son infâmie politique et son déni de la démocratie. La France n'a rien ratifié, ce sont des gens déjà en perdition qui ont voulu parler au nom du peuple.
Mais, celui-ci n'est pas dissous comme l'Assemblée peut l'être et risque bien de ne pas accepter, de manière claire, le coup d'Etat sarkozyste contre les fondements de la République. Une crise profonde oppose le pouvoir UMP isolé et la société des citoyens.
On constate aussi que Sarkozy s'énerve dans tous les sens -comme de nouveau sur la laïcité et l'école laïque républicaine devant le CRIF-, pris par son obsession maladive de toujours vouloir annoncer une chose qui frappe l'opinion, pendant que son Italienne de roman rose est très versatile autant que contradictoire dans ses propos à l'emporte-pièce sur la presse et le passé sombre du pays.
Le couple élyséen ressemble à de mauvais acteurs de Guignol, l'humour bonhomme et la bonne humeur en moins!
Dominique de Villepin a raison de souligner les aléas versatiles et les "coups" du pseudo-nano Président qui continue à croire qu'il est Président de la République alors qu'il est toujours plus seul, isolé et rejeté pour sa politique, ses dires et ses gestes.
Ses rodomontades judiciaires, contrairement à ce que peut estimer le godillot sarkolâtre de service sur ce blog, ne prouvent rien sur sa réactivité ou sa combativité, mais démontrent seulement ses tendances liberticides qui croissent avec la montée des vrais problèmes et des difficultés concrètes qui ne se règlent pas par des mots et de la gestuelle médiatique impuissante et qui ne convainc plus personne, sauf notre godillot amoureux de son Chef.
Le sarkozysme sombre, mais la France ne coule pas avec lui.
Ce qui aujourd'hui est frappé par un discrédit général et croissant, c'est un système qui n'a aucun avenir et qui essaie de se survivre par les pratiques les plus viles et les plus basses.
Louis XVI et sa reine autrichienne, comme Nicolas Sarkozy et son épouse officielle de nos jours, ont aussi pensé berner le peuple.
On sait comment leurs rêves ont fini!
Eux au moins ont eu le soutien de leurs pairs de l'époque. Nicolas Sarkozy est aussi abandonné et rejeté dans le pays que méprisé et décrédibilisé à l'extérieur.
La chute du sarkozysme s'annonce très dure!