La solitude? "C'est le moment où l'Aigle replie ses ailes pour mieux bondir"

Publié le par L'équipe du blog

En attendant l’émission de ce jour « RTL-Grand-Jury-le Figaro », quelques extraits de l’entretien accordé au Figaro magazine par Dominique de Villepin :

« C'est vrai que, entre 1807 et 1814, nous voyons un homme au sommet de son art, mais aussi un homme gagné par l'ivresse, poursuivant un pari fou, impossible - le Blocus continental contre les Anglais -, qui le conduit à multiplier les malentendus : entre lui et les Français, puis entre lui et Alexandre de Russie. Son obsession du blocus le fait se lancer dans l'expédition d'Espagne, qui transforme la nature de son ambition : en passant d'une logique défensive contre l'Europe des rois à une logique d'agression contre un peuple, il perd ce qui faisait sa légitimité même. Or, je pense que l'une des grandes clés de l'histoire napoléonienne, c'est bien cette bataille pour la légitimité

[...]


Le recours aux mémorialistes permet d'appréhender, à la source, la psychologie de l'Empereur : son apathie, ses colères, ses doutes... Ses conversations avec Caulaincourt ou Metternich sont extrêmement importantes pour comprendre la façon dont l'homme évolue face aux difficultés. Dans un autre ordre d'idée, la vision des écrivains offre un autre regard politique et littéraire sur l'épopée impériale

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Il y a chez Napoléon comme un révélateur de notre tempérament national
. Les grands débats sur la politique étrangère de la France et sur ses frontières naturelles, ce rêve d'une France rayonnant à travers le monde, il me semble qu'ils sont inscrits au coeur de notre histoire. Napoléon est plongé au coeur d'une époque où tout se télescope, où différentes mémoires se sédimentent

[...]

Génial stratège, fin politique, grand réformateur, Napoléon n'en a pas moins négligé de prendre la mesure d'une donnée fondamentale : le temps politique.
De même qu'il dédaigne un certain nombre de facteurs techniques, de même qu'il se soucie peu de l'état physique et psychologique de ses troupes ou qu'il commet des erreurs tactiques, Napoléon ne prend pas suffisamment en compte le contexte économique et notamment la crise de 1810

[...]

L'homme d'Etat est confronté à deux solitudes. Celle choisie, nécessaire, qui permet d'opérer des choix sans que les pressions ou les groupes d'intérêts aient de prise sur lui : c'est ce que j'appelle le "laboratoire de l'intérêt général". Il est évident qu'il est très difficile de définir l'intérêt général dans le bruit, la rumeur, la pression... Et puis, il y a la solitude subie, celle du mur qui s'établit entre le dirigeant et le peuple. C'est cette solitude extrêmement négative que vient occuper la Cour et qui ronge la conscience de l'homme de pouvoir, accroissant chez celui-ci l'apathie, l'incertitude, la difficulté à gouverner et à choisir des dirigeants

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Chez Napoléon, cette forme de solitude entraîne une métamorphose. C'est le moment où l'Aigle replie ses ailes pour mieux bondir, quand il fait preuve d'analyse et de récupération
[...]
Au fond, la solitude au lendemain du pouvoir correspond à un temps de conscience très aigu

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Cette idée de réconciliation reste le point central de la politique française. Pour y parvenir, il faut fixer un dessein commun [...] Ma conviction est que la mondialisation appelle la fixation d'une nouvelle vision fidèle à notre histoire, mais adaptée aux réalités du nouveau monde qui surgit sous nos yeux et que nous redoutons, car nous le comprenons mal.

 

 

Publié dans Dominique de Villepin

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Info 24/08/2008 20:48

Afghanistan: Villepin veut des dates
Dominique de Villepin a exclu dimanche un retrait immédiat des troupes françaises d'Afghanistan tout en jugeant que la question des priorités et de la durée de la présence française devait être posée. Invité du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, l'ex-Premier ministre a estimé que retirer les forces françaises après l'opération qui a coûté la vie à dix soldats "serait le pire message que nous pourrions adresser aux terroristes. "Néanmoins, il faut se poser les questions essentielles, en particulier la question des priorités de notre action en Afghanistan et de la durée de notre présence là-bas", a-t-il ajouté. La question de la présence française en Afghanistan sera débattue au Parlement le 22 septembre.
Source: Le JDD

Marius 24/08/2008 20:27

DDVne sera pas non plus tête de liste pour les élections européennes et c'est tant mieux , pour lui mais aussi pour nous car c'était encore un piège et en cas de défaite il était perdu à jamais pour nous ; il m'a captivé ce soir , il est en pleine forme , serein , déterminé , l'entendre ainsi tout expliquer et déjouer les chausse-trapes d'un "anti-"pati "que journaleux plus véreux que jamais , quel bonheur , décidément c'était du grand DDV ce soir , l'entendre dire qu'il n'excluait rien dans l'avenir si les circonstances l'exigeaient ... , que du bonheur ...C'est évident , il reviendra en politique , de façon trés active , c'est sûr ...Et son explication ferme mais trés argumentée sur l'affaire du RWANDA et des accusations portées contre lui et des ministres en exercice à l'époque étaient convaincantes et sans concession , il leur a rivé le clou à ces journaleux du dimanche qui cherchaient à le coincer , en bref du DDV comme on aime , la classe en prime .

mathilde 24/08/2008 19:59

Les premiers mots de Dominique de Villepin résument le besoin d'apaiser et de rassembler les Français, ainsi que son attitude positive vis-à-vis de SARKO : "pendant 5 siècles, l'occident a dominé le monde et aujourd'hui nous sommes dépendants du reste du monde."

La messe est dite !
La situation est dans une phase ultra-sensible jamais connue depuis des décennies, donc les rancunes et aspérités doivent restées au placard afin d'oeuvrer pour notre pays.
En affet, Sarkozy a à gérer un tel fardeau que pas un péquin ne risque d'envier sa fonction toutes les années à venir. Il est très loin du compte en matière de réformes fondamentales à mener. Il a voulu le job. Il l'a et va devoir le gérer, l'ingérer jusqu'à l'occlusion.
Je crains en effet que la situation soit encore bien plus grave que nous ne l'osons imaginer.
Donc pas de D2V aux législatives, mais acteur sur la scène internationale...plus que jamais.
Et quel homme expérimenté en géopolitique...nous avons beaucoup de chance d'avoir un Homme d'Etat d'une telle dimension.

Marius 24/08/2008 18:22

Nous voulons que DDV soit en France notre " Dalaî lama " et qu'il sorte de son trop long silence pour nous éclairer en prenant part comme le chevalier Bayart " sans peur et sans reproche " à la vie politique de notre pays au travers ses commentaires éclairés et ses prises de position sur les grands moments et les évènements qui secouent la France .En tout cas ilest juste de constater que de nombreux jeunes dupés par de sinistres Julliart et cie qui se sont révoltés comme des moutons de panurge acceptent maintenant sans broncher des contrats encore plus précaires que celui proposé par DDV et se tiennent cois dans leur coin sans l'ouvrir , on voit bien que c'était encore un coup monté de qui vous savez et tous ses sbires pour barrer à DDV la route de l'Elysée en montant la jeunesse et les parents naîfs contre lui : reviens en politique DDV car rien ne tourne rond dans ce pays , nous avons besoin d'un homme pacifiste et posé pour sa renaissance !

ravilob nomis 24/08/2008 16:18

La réconciliation....