Extraits: Dominique de Villepin dans "L'Enfer de Matignon"

Publié le par L'équipe du blog

"La singularité de notre rencontre, entre Jacques Chirac et moi-même, c'est que nous sommes ensemble depuis de très nombreuses années. Nous sommes en contradiction sur beaucoup de choses. Nos personnalités sont très dissemblables. Notre dialogue est un dialogue souvent de confrontation. Même si, parce que c'est l'idée que je me fais de la politique, rien n'a jamais filtré de ce débat, de ces différences. Mais tout au long des années à l'Elysée, quand j'étais Secrétaire Général, j'étais celui qui portait le fer et la contradiction au Président de la République. Bien évidemment, quand il avait tranché, il n'en filtrait rien et c'est pour cela que personne ne l'a su, mais c'est une relation dense, qui n'est pas une relation de chef d'Etat à collaborateur.

Je suis donc arrivé à Matignon avec cet acquis. Pour le président, j'étais un élément rassurant parce qu'il savait qu'il n'y aurait jamais trahison. Il savait que ma fidélité serait toujours au rendez-vous. Mais j'arrivais avec un élément inquiétant, c'est que le président de la République savait que je ne resterais pas les bras croisés. Il savait que je ne me soumettrais à aucune règle, à aucun calcul, à aucun intérêt. (...)

Nicolas Sarkozy était convaincu que je pouvais représenter un risque pour l'élection présidentielle. Et la sensibilité qui était la mienne, qui tenait bon sur des principes fondamentaux, à la fois des principes républicains et des principes d'indépendance nationale, lui apparaissait assez différente de sa vision. Donc je représentais un autre courant. Par ailleurs, il connaissait mon tempérament, il savait que je n'étais pas quelqu'un qui transigeait facilement. J'avais beau lui répéter mes intentions, il ne les croyait tout simplement pas. Quand l'occasion s'est présentée, quand les difficultés se sont accrues, la majorité s'est organisée pour faire en sorte que ce qui aurait pu n'être que des difficultés mineures soit véritablement la marque d'un arrêt complet de toute perspective et de toute ambition présidentielle de ma part. (...)

L'inquiétude de Nicolas Sarkozy était beaucoup plus profonde. Mes principes républicains, le rejet de toute réforme de la laïcité, la défense de l'indépendance nationale, le bagage qui était le mien en politique étrangère à travers la guerre d'Irak, tout cela représentait ce qu'on appelle du lourd en politique, de l'identifiant. Est-ce que cela représentait 10, 12, 15% de voix? Il savait que cela représentait quelque chose avec lequel il fallait compter." (...)

Source: Dominique de Villepin dans L'Enfer de Matignon, par Raphaëlle Bacqué (Albin Michel - 318 pages - 20 euros)

Publié dans Dominique de Villepin

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marius 29/09/2008 18:49

Une partie de ma phrase a diparu aprés "gênants ", il faut lire " il y en a toujours pour intervenir sur ce site et tourner vos propos en dérision ".

marius 29/09/2008 18:41

Ce qui est navrant , c'est que quand on énonce une vérité , quand on aborde des sujets graves et gênants , pour tourner en dérision vos propos , pour vous baillonner en passant à un sujet complètement ringard , mais pour moi toute vérité sera toujours bonne à dire , même si elle est dérangeante parfois et je maintiens mon dernier propos sur le précédent blog , en indiquant à Ravilob Nomis qu'il y a un temps pour tout , pour l'action , un temps pour s'essayer à la poésie (!!! ) un temps pour la légèreté , un temps pour le sérieux vu la gravité de l'instant !
Si Simone Veil avait été 20 ans plus jeune , je pense trés sérieusement qu'elle aurait occupé de façon magistrale la fonction présidentielle , ce qui a mon sens n'avait pas cette évidence pour Hilary Clinton et encore moins pour Ségolène Royal : ne croyez pas que je sois opposé à la présidence d'un pays pour une femme , mais il ne faut pas que sous prétexte que " le temps des femmes est enfin venu " , on en arrive à certaines dérives et si DSK , pour les socialistes , avait été opposé à DDV , pour l'UMP , le débat aurait été de plus grand niveau ...Et nous , français , quel qu'eût été le résultat , ne serions pas si inquiets de l'avenir , sachant que nous aurions eu également à traverser de durs moments , mais nous l'aurions fait en confiance et pas avec cette peur du lendemain car l'homme qui nous dirige ravive notre désarroi car il est petit au propre et au figuré et en lisant cet extrait je suis encore plus convaincu que cette affaire Cleastream a bien été monté de toutes pièces pour barrer à DDV la route de l'élysée par qui vous savez , par et pour lui , avec les conséquences que nous supportons tous aujourdhui !

mathilde 29/09/2008 17:20

Oui Dominique de Villepin, c'était du lourd, du trop lourd pour Nicolas Sarkozy. Donc du trop gros potentiel, à lourder à la façon des petits, beaucoup trop petit pour un D2V.
Et maintenant, que la France est dans le lourd, très lourd, engendré par le libéralisme sauvage prôné par le petit de l'Elysée, que peut-il faire d'autre que de comptabiliser les mauvais résultats de sa première année écoulée de politique calamiteuse sur le compte de la crise qui ne fait que nous effleurer pour l'instant. Le gros va nous arriver par vagues.
Je comprends beaucoup mieux le détachement de D2V, son calme et sérénité, et surtout mansuétude vis-à-vis de l'agité du bocal : il savait déjà que le cyclone financier de Wall Street allait créer et générer de très gros dégâts collatéraux en Europe, dans le monde, et que l'on ne s'en relèverait pas comme les autres fois.
Il arrivera un moment, où D2V sera appelé à la rescousse de la république avec d'autres anciens dirigeants, toutes familles politiques confondues.
Sarkozy se retrouve dans une sacrée mélasse, et nous sommes tous des dégâts potentiels collatéraux en devenir.
Ce lundi est un lundi noir, qui va rester marqué dans toutes nos mémoires. Sarkozy appelle à une refondation de la finance internationale ! Mais sur quelle planète croit-il donc être ?
L'Amérique a peut-être créé le plan Marschal pour reconstruire l'Europe, en se reconstruisant elle-même et se délestant de ses dettes, plus forte qu'avant. Les bons pourris ne sont rien d'autres que des mini plan Marchal-bidons effectués depuis plusieurs décennies, créant des bulles artificielles partout dans le monde, permettant aux USA de vivre à crédit et de croitre de 5 %/an, sur le dos du reste du monde. Un nettoyage au kärcher, cher à Nicolas, est en train de s'effectuer, banque après banque, assurance après assurance, caisses d'épargne après caisse, et tous les pans de l'économie vont être touchés. Toutes les caisses de retraites, d'assurance maladie vont se trouver boulversées. Tous les fondamantaux vacillent. La France reste plutôt préservée, mais savons-nous ce que les banques saines faisaient au travers de leurs banques off-shore dans les paradis fiscaux. Logiquement, il leur est interdit de spéculer avec les dépôts classiques..!!! Pourvu que les banques soient toujours en mesure de respecter leurs devoirs primaires.
Cette plus que crise va obliger le monde libéral à remettre à plat tout ce qui a fait le monde capitaliste avant ce lundi noir.
Le capitalisme se meurt aujourd'hui.
Le monde de demain est à réinventer, et c'est peut-être le salut de nos sociétés.
En attendant, les premières victimes pleuvent déjà sur notre économie.
Cette crise s'inscrivait en droite ligne. Seule une bonne guerre payée par le reste du monde pouvait une fois de plus sauver l'Amérique. D'où l'inutile et injuste guerre en Irak. Dominique de Villepin a déjoué les plans de l'Amérique pour le reste du monde.
Les USA ont quasiment dû y aller seuls financièrement parlant. Cette guerre leur a déjà coîé 4 000 milliards d'USD....et au lieu d'enrayer leurs dettes, cela les a obligé à faire de la cavalerie de plus belle....jusqu'à occlusion dy système virtuel.
Nicolas Sarkozy a voulu conditionner les Français dans une guerre avec l'Iran : la mayo n'a pas prise. Ensuite c'est l'Afghanistan : là encore, les Français sont contre, même si les députés ont voté pour.
A présent il va falloir abattre tous les cartes, et faire appel à de très saines compétences internationales.....dont celles d'un Dominique de Villepin, de DSK, des Schroeder, Clinton, et autres.
Ce jour n'est pas un lundi noir de plus, mais la première pierre d'une ère nouvelle, encore à inventer.