Dominique de Villepin: "40 ans après la Lune, quel défi pour l'humanité?"

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"Le temps des grandes aventures collectives est-il fini ? Je ne le crois pas, car c’est l’antienne qui revient au lendemain de toutes les grandes conquêtes. Le dépassement des limites autant que l’esprit d’invention s’ancrent au plus profond de la destinée humaine. Nous ne pouvons faire autrement : nos racines plongent dans notre avenir.

 

Mais je crois cependant que nous avons changé d’époque. Le sens de la conquête s’est modifié. Il ne s’agit plus de partir à l’assaut de nouveaux territoires. Cinq siècles de grandes découvertes, de mondialisation hémiplégique exclusivement occidentale et d’épuisement d’un monde infini sont en train de s’achever. Nous entrons dans le temps de la maturité. L’enjeu c’est désormais moins la conquête que la responsabilité et la maîtrise de nos forces.

 

Responsabilité envers nous-mêmes tout d’abord car il reste un continent presque inconnu, c’est celui de l’humanité, de sa capacité à dépasser ses passions et ses haines pour trouver en elle-même les ressorts de l’édification d’une authentique cité des hommes. Il nous faut apprendre à préserver ou à établir les grands équilibres, à assumer la responsabilité attachée à la maturité. C’est une chose que l’humanité ait conquis le monde, c’en est une autre de le gouverner, en s’appuyant sur une légitimité réelle fondée sur des principes enfin universels.

 

Responsabilité envers notre monde également. De nouvelles relations à notre environnement doivent être inventées, tout le monde s’en rend désormais compte, de nouvelles limites technologiques peuvent être dépassées pour dompter les énergies de la fusion nucléaire par exemple.

 

Responsabilité les uns envers les autres, car rien n’est plus urgent aujourd’hui que d’établir un nouvel esprit de partage et de faire progresser la justice, au sein de nos sociétés développées comme entre pays du nord et du sud. L’accès aux biens primordiaux et l’égalité des chances sont les principales conditions de l’avenir de notre destinée commune.

Est-ce si différent d’un départ pour la lune ? C’est aussi une aventure collective, c’est aussi un puissant appel aux capacités d’imagination, de connaissance, d’organisation collective. Cette fois, pourtant, l’aventure ne concerne pas seulement trois ou quatre champions nationaux, mais l’ensemble des pays du monde, sans séparer de façon définitive acteurs et spectateurs de l’exploit.

 

Quelle pourrait-être la réalisation collective symbolique d’une telle énergie née de la diversité, de la coopération, d’un nouvel et authentique universalisme ? Pourquoi ne pas accomplir un pas emblématique à l’échelle mondiale pour déclarer l’eau bien public mondial et en réguler les usages. Offrant ainsi l’accès à tous du bien le plus essentiel et mettant en œuvre concrètement les règles d’un partage durable."

 

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COUSSY 22/07/2009 14:14

VRAIMENT LES COMMENTAIRES NE VOLE PAS HAUT...
CONTINUONS A DISTRIBUERS DES BONUS AU TRADER EN UNITE DE COMPTE BUDGET POUR MARS...
C'EST LA SOLUTION.
RESTONS SUR TERRE...

ravilob nomis 22/07/2009 13:03

A quoi bon des cascades en Mars si sur la terre nous mourrons de soif?

emmanuel 21/07/2009 20:48

Le défi c'est entreprendre ensemble: pour la paix, pour la croissance durable, pour le partage des richesses et des connaissances, pour dessiner un cadre légal d'une gouvernance mondiale. Aller vers Mars necessitera d'entreprendre ensemble.

ravilob nomis 21/07/2009 20:19

Le défi est la justice et la paix.

emmanuel 21/07/2009 18:28

C'est un peu trop terrien pour moi.